02.03.2010
Bastien Cazals invité des Amis du Monde Diplomatique

Ceux qui marchent contre le vent. Emprunté aux Omahas, peuple indien des plaines d’Amérique du Nord, ce titre de J. R. Geyer est représentatif de tous ceux qui ne disent pas oui à ce qu’on leur impose, surtout si les propositions et les lois vont à l’encontre des valeurs universelles.
« La République laïque et démocratique où tous les citoyens vivent ensemble, en bénéficiant de la liberté, de l’égalité, de la solidarité, de la laïcité et dont la plus belle réussite, son école, est un héritage qui se partage ou se défend » Bastien Cazals, dont la carrière semblait suivre une voie linéaire dans un monde où « faire du chiffre » était le leitmotiv, dans une prise de conscience a bifurqué pour se réorienter.
Après une courte expérience professionnelle comme ingénieur dans le privé, ce qui confortait sa vocation, il se retrouve intendant d’un collège associatif occitan. Aux côtés de Bernard Dauphiné, enseignant retraité, le « Prof qui désobéit », invité des Amis du Monde Diplomatique, venait défendre le bastion de la République, à savoir l’épanouissement des élèves pour que l’avenir leur sourie.
Bastien Cazals n’est pas un provocateur, non plus un meneur, il ne revendique rien pour lui-même, il souhaite simplement, avec une grande conscience citoyenne, dire non aux textes officiels et aux réformes actuelles de l’Education Nationale. Dire non à la réduction des effectifs d’enseignants, non à la suppression de la médecine scolaire, non au rabais du budget, non au sacrifice des écoles maternelles, non à la dégradation de la qualité du service public d’éducation…
« L’école souffre des mêmes maux que notre société » dit-il après avoir été marqué par « l’Appel des Résistants aux jeunes générations » lancé en 2004 par Stéphane Hessel, Lucie et Raymond Aubrac. Il n’est plus actuellement directeur d’une école maternelle à Saint-Jean de Védas, la responsabilité lui en ayant été retirée par l’Inspecteur d’Académie de l’Hérault par mesure disciplinaire.
Après une lettre au Président de la République, restée sans réponse, sinon des sanctions financières, il est actuellement l’un des « porte-parole de la contestation des enseignants et des parents d’élèves contre des réformes qu’ils estiment contraires à l’esprit de l’école publique. »
Alfred de Vigny écrivait « Tout homme qui a été professeur garde en lui quelque chose de l’écolier ». On comprend mieux pourquoi Bastien Cazals se bat pour que tous aient leur chance.
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Bonjour,
Voici l'article de notre collectif sur l'arrêt du 17 mars 2010 du Conseil d'Etat :
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/03/25/l-arret-du-conseil-d-etat-sur-bastien-cazals.html
L'arrêt du Conseil d'Etat sur Bastien Cazals
Le 25 mars, faisant état notamment de la rétention sur traitement infligée au directeur d'école maternelle Bastien Cazals, un article du Midi Libre écrit : « Les enseignants désobéisseurs ne lâchent pas ». Il paraît évident, de surcroît, que le taux d'abstention aux dernières élections européennes et régionales témoigne d'une colère populaire qui dépasse de très loin les milieux professionnels de l'éducation, de la recherche ou de la fonction publique. L'ampleur des mobilisations du mardi 23 mars a mis à nouveau en évidence cette situation, que le monde politique fait semblant de ne pas voir. C'est dans un tel contexte, que le Conseil d'Etat a rendu il y a une semaine un arrêt défavorable pour Bastien Cazals. Force est de constater que la formation de jugement était présidée par un conseiller d'Etat qui est en même temps professeur associé à une influente université de la région parisienne. Ce qui, avec tout le respect dû à magistrats et institutions, nous renvoie à la question de l'apparence d'impartialité et d'indépendance de la juridiction administrative française que nous avons déjà évoquée à plusieurs reprises. Au même moment, la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) annonce la lecture, le lundi 29 mars, de l'arrêt de Grande Chambre en appel sur l'affaire Medvedyev et autres. Ce litige avait conduit à un sévère désaveu du fonctionnement de la justice pénale française par l'arrêt de Chambre rendu le 10 juillet 2008, à propos des garanties d'impartialité et d'indépendance du procureur de la République.
[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2010/03/25/l-arret-du-conseil-d-etat-sur-bastien-cazals.html ]
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
Écrit par : Indépendance des Chercheurs | 25.03.2010
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