14.12.2013

Lo pan de Nadal... Le pain de Noël

 

lo pan de Nadal, le pain de Noël

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Lo pan de la velha de Nadau garis de tots los maus.

Le pain de la veille de Noël guérit de tous les maux!

Au temps où l’on ne chauffait pas le four tous les jours, ni toutes les semaines, ni même tous les mois, au temps où l’on cuisait au grand four communal qui demandait tant de bois, certains ne faisaient leur pain qu’une seule fois dans l’année : c’était la veille de Noël.

Car le pain de la veille de Noël se conserve toute l’année.

Alors, au sortir du four, on choisissait la plus belle tourte. On la posait bien enveloppée dans le buffet ou sur le vaisselier :

"c’était le « nadalet ».

On le garderait toute l’année et bien plus longtemps encore, pour les malades.

lo pan de Nadal, le pain de NoëlCertains auraient pu vous montrer des tourtes de Noël datant de plus de trente ans… Parfois, on coupait la tourte en deux : une moitié était rangée au buffet, une autre sur le râtelier à côté des autres tourtes, pour qu’elles se conservent bien.

La mère de la grand-mère de Constance, qui fait si bien le pain, préparait, elle, une tourte spéciale : quand elle avait fini de façonner ses tourtes, elle prenait soin, elle aussi, de bien racler les parois de sa maie et avec les raclures, elle faisait son pan de Nadau.

Elle y dessinait de jolies marques pour le reconnaître des autres tourtes. Certains ornaient leur pain de Noël de petits cubes de rave qui allaient dorer et lui donner un agréable goût un peu sucré.

A Saint-Léonard, on se servait d’une grosse clef pour marquer les tourtes ; ailleurs, vers Limoges, d’une rave encore, taillée en forme de sabot : c’était le « pied de Noël ».

Au sortir du four, on offrait une tourte à chacun des voisins.

Et si d’aventure il y avait à la maison un petit enfant qui tardait à parler ou à marcher, il fallait absolument faire don d’un bon morceau de pain au premier cherchepain qui passerait : le mal venait sans doute de ce qu’on ne s’était pas montré assez généreux durant l’année et c’était l’occasion de se rattraper.

lo pan de Nadal, le pain de NoëlAinsi toute l’année, dès que le mal se présentait, on courait chercher le «Nadalet » : un morceau imbibé d’eau pour faire un cataplasme, une bouchée également trempée (car le pain était bien dur!) pour soulager toutes les douleurs, tots los maus.

On en donnait à manger aux femmes en mal d’enfantement pour hâter leur délivrance, aux vaches et aux brebis de même. Et aussi aux poules pour les faire pondre.

Des miettes de ce pain de Noël, on en jetait en étrennes le 1er janvier aux puits et aux fontaines ; on en mêlait aux graines avant de semer pour s’assurer une bonne récolte.

Et pour pouvoir dire au saint de quelle fontaine il faudrait aller faire ses dévotions pour guérir d’un mal, « la femme qui sait » mettait dans sa bouche une bouchée de pain de Noël.

 

ieo11@ieo-oc.org

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